Aymeric est la figure montante de l’humour lillois. Après, une rapide exposition dans une émission de Ruquier, le jeune fantaisiste, le ménestrel du bon mot, le troubadour des temps modernes s’inspire beaucoup des politiques, des journalistes et des mecs qui trainent les bistrots pour la réalisation de ses spectacles. Un univers satirique et absurde qui confirme qu’il est bon de rire en grinçant un peu des dents. Ca tombe bien, vous pouvez le voir chaque mardi du mois de mars au Spotlight de Lille dans son dernier one man show « C’est trop pour moi ».

  • Revenons un peu sur l’émission de Laurent Ruquier qui t’as lancé sur France 2 ?

C’était une émission ouverte à tous. Il fallait faire un casting vidéo. Après, ils te prenaient ou pas. Pour ma part, c’étaient mes premiers sketchs. Cette émission a plutôt été une école pour moi, un moyen de comprendre l’humour et comment fonctionne un sketch, même si ça m’a aussi apporté un peu de notoriété. Je me suis rendu compte que la tv était un théâtre parce que même si à l’image on s’entendait bien, on avait aucune relation avec les mecs et le jury.

  • Comment décide-t-on de faire de l’humour ? Quel est le déclic ?

Le déclic est venu en faisant du théâtre amateur, plutôt humoristique. D’entendre les gens rire, ça m’a grisé. Ca procure une sensation inexplicable. Après, ça a été un long processus. J’ai voulu faire de la scène seul et essayer d’en vivre. Je ne crois pas en la starification rapide mais comme un long apprentissage. Je pense que je serai au top dans 20 ans. C’est le temps qu’il faut à la plupart des personnes qui évoluent dans un univers artistique. Regarde Les inconnus ou Jacques Brel, ils ont été découvert sur le tard. Je pense qu’il faut être mature pour avoir un art mature.

  • Tu as ensuite tourné à travers la France. Qu’est ce qui est le plus jouissif dans ce métier ?

Le plus jouissif, c’est entendre les rires et être reconnu en tant qu’humoriste. Si on m’avait dit ça au lycée, je n’y aurais pas cru. C’est aussi hyper jouissif de pouvoir dire que mon métier c’est humoriste. D’en vivre. Du coup, j’essaie de faire rire le plus sérieusement possible ! Et c’est déjà pas mal !

« J’essaie de ne pas céder à la tentation de faire des choses lisses »

  • Comment trouves-tu le public lillois ?

Alcoolique (rires) ! Il n’y a pas forcément de public différent selon les régions. En revanche, dans une salle il y a toujours la même proportion de personnes. Il y a de tout, un peu comme une classe, comme une boite de crayon de couleurs. Il y a ceux qui rigolent fort, ceux qui viennent pour découvrir, des jeunes… et ceux qui ne rigolent pas (rires). C’est ça qui est complexe dans ce métier, il faut essayer de faire rire un maximum de personnes tout en gardant son propre univers. J’essaie de ne pas céder à la tentation de faire des choses lisses pour autant.

« Je ne vois pas pourquoi on pourrait rire plus facilement des handicapés que des attentats de Paris ! »

  • Toi qui as un humour provocateur. Selon toi, peut-on même rire des attentats de Paris ?

Je situe mon humour entre la satire et l’absurde mais paradoxalement même avec Charlie, je n’ai pas l’impression que ça ait libéré le rire. Peut-être que les jeunes qui lisent Charlie ne vont pas voir de one man show… Moi je pense qu’on a un devoir de faire rire sur les attentats de Paris, à condition que ce soit drôle. Je ne vois pas pourquoi on pourrait rire plus facilement des handicapés que des attentats de Paris !

« Ce qui viennent rire et réfléchir un peu, ça risque de leur plaire »

  • De quoi traite ton nouveau spectacle ?

Ca traite de l’abandon. C’est une succession de personnages qui vont abandonner quelque chose. Par exemple un déserteur qui abandonne le front en 1914. J’essaie de montrer par le rire que l’abandon n’est pas forcément une chose négative et que c’est souvent une question de point de vue.  C’est un spectacle engagé. Ceux qui viennent rire et réfléchir un peu, ça risque de leur plaire.

  • Où peut-on te voir prochainement ?

Tous les mardis de mars au Spotlight de Lille à 21h30. Je fais d’autres dates ailleurs et je fais le festival d’Avignon cet été….

  • Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

D’être heureux et des salles pleines !


 

Infos :

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One man show chaque mardi du mois de mars 2016 au spotlight de Lille !